Fashion victim

Déniché, traduit et édité par celui à qui l’on doit Millenium, chez les mêmes « Actes Noirs » (éditions Actes Sud), La Princesse des Glaces appelle forcément la comparaison avec la célébrissime trilogie.
Et c’est moins bon. Non mais vraiment moins bon. Disons que l’intrigue, que l’on ne dévoilera pas ici, enfin si, allez, juste le début : une magnifique jeune femme est découverte morte dans sa baignoire, nue et complètement gelée (la chaudière est en panne et c’est l’hiver en Suède, non ce n’est pas une blague), on pense au suicide en fait elle a été assassinée, bref l’intrigue est au final plutôt bien ficelée, et on finit quand même le livre, qui fait voler en éclats les apparences bourgeoises d’une petite ville de manière assez radicale.
Mais le gros problème, c’est que c’est quand même globalement mal écrit. Ou mal traduit, ce qui était déjà un peu le cas pour Millenium (sans vouloir faire ma puriste,  je veux dire que franchement, on dirait que le traducteur a eu une nuit pour traduire les 400 pages et qu’il ne s’est pas relu).  Ou les deux.
Et l’autre problème, c’est les histoires parallèles à l’enquête (notamment la bluette entre l’héroïne-narratrice, une copine d’enfance de la morte, et le flic chargé de l’enquête, absolument pathétique) qui alourdisent considérablement l’ensemble.

J’ai lu ce livre parce que il était auréolé du succès de Millenium et de l’image de qualité littéraire des éditions Actes Sud ; j’ai lu ce livre parce que son image était porteuse ; j’ai lu ce livre parce que ça fait mieux de sortir des rayons un livre Actes Sud qu’un  Grisham ou Turow chez Albin Michel.
Eh ben Turow écrit mieux.
Je suis une fashion victim.
La Princesse des Glaces, Camilla Lackberg, RP LAC

Dernière minute : en réaction à quelques réflexions de mon estimée collègue sur le billet ci-dessus, je tiens à préciser certains points : petit un, non, je ne lis pas couramment le suédois, et petit deux, non, je ne m’instaure pas en censeur (censeuse ?). Ce que je fais, c’est juste donner mon avis, sur un livre, dire si je l’ai aimé ou non et pourquoi.  Je trouve certains livres admirablement écrits (La Route, de CormacMcCarty, et certains lourds et maladroits (La Princesse des Glaces). En tant que lectrice, j’ai tout de même le droit d’avoir un avis sur l’écriture d’un livre il me semble. Et là j’ai l’impression de mêtre fait avoir sur la marchandise, c’est tout.

1 commentaire

  • medamik dit :

    Commentaires de l’ancien blog :

    En définitive, c’est ce qu’on appelle une bonne acquisition. Après pareil éloge, quand les lecteurs auront cessé de se l’arracher, y aura plus plus qu’à l’expédier au pilon, la princesse. Ou la refourguer à un bouquiniste analphabète. Triste destin.
    Commentaire n°1 posté par Thomas Kekchozahajouté le 01/05/2009 à 10h33

    Nobody’s perfect (surtout pas moi)
    Réponse de la Médiathèque Amikuze le 08/05/2009 à 10h55

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