Tous les chemins mènent à McCarthy (La Trilogie des Confins (2))

Incroyable, non ?
On parle du Mexique, et qui revient sur le tapis ? McCarthy. Promis j’ai pas fait exprès.
« Le monde n’a pas de nom, dit-il. Les noms des collines et des sierras et des déserts n’existent que sur les cartes. On leur donne des noms de peur de s’égarer en chemin. Mais c’est parce qu’on s’est déjà égaré qu’on leur a donné les noms. Le monde ne peut pas se perdre. Mais nous, nous le pouvons. » J’en ai plein des passages comme ça que j’ai soigneusement recopiés dans mon cahier rouge. Si vous êtes très sages je vous en donnerais d’autre (« c’est que jamais la leçon d’une vie n’appartient à cette vie. Seul le témoin peut en prendre la mesure »). Bref.
On a quitté John Grady après son périple au Mexique. On rencontre Billy et son frère Boyd, qui à leur tour vont traverser le Grand Passage pour s’y rendre. D’abord l’aîné, seul : il veut y libérer une louve capturée sur ses terres (150 pages qu’on lit sans reprendre son souffle). Il rentrera chez lui, puis retournera au Mexique avec son frère à la recherche de chevaux volés, et cette frontière sera traversée plusieurs fois, dans tous les sens, dans une errance sans fin, entrecoupée de rencontres avec des gitans, des bandits, des ermites philosophes. Moins romanesque que le précédent, davantage encore hanté par le mal et la beauté du monde, gothique et biblique (c’est pas de moi mais c’est exactement ça), avec ses deux figures de cow-boy solitaires à peine sortis de l’enfance (l’ainé a dix-sept ans), misérables au-delà de la misère, seuls au-delà de la solitude, et cette écriture, ahlala, cette écriture, austère, dépouillée, implacable qui vous prend par le col, ce Grand Passage est aussi magnifique que le tome précédent.
« … et quand la pâle lumière du soleil répandit ses premiers rayons sur la plaine à l’est le paysage gris sembla se taire et se taire les oiseaux et sous le soleil neuf les pics des montagnes lointaines à l’ouest au-delà du farouche pays de Bavispe sortirent de l’aube comme un monde rêvé. Le cheval se tourna et posa sa longue face osseuse sur son épaule. » (BF)

Le Grand passage, Cormac McCarthy, R McC

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