Firmin

Firmin est un rat. Pas un rat de bibliothèque, un rat de librairie. Sorti de la panse démesurée de son alcoolique de mère, Flo, il se niche dans un livre dépecé qu’il finira par manger : c’est « Finnegans Wake ». (« Un Grand, peut-être même  le plus Grand » ce Joyce). Il va grandir et vivre dans ce sous-sol, celui d’une librairie d’un quartier en cours de « réhabilitation » (donc voué à disparaître) du Boston des années 60. Nourri de lecture au sens propre comme au figuré, puisqu’il finit par savoir lire, il sait faire la différence entre Proust et Faulkner rien qu’au goût du papier ; se rêve en Fred Astaire. Peu à peu ses goûts se précisent et s’affinent, mais il se heurte au rempart infranchissable du langage, et ne peut jamais communiquer avec le propriétaire des lieux, ni avec l’écrivain chevelu chez qui il va vivre, ce qui donne lieu à des scènes cocasses. Malgré la menace de destruction qui se rapproche, Firmin savoure les mots et les livres, les mots merveilleux qui repoussent loin le vacarme du monde. Un livre modeste, distrayant, mais très juste, drôle et touchant.  BF

Firmin : autobiographie d’un grignoteur de livres, Sam Savage, R SAV

Partagez...
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestPrint this page

Leave a Comment

quatre × 3 =