Sauvez Réjean Ducharme !

R.DucharmeEn rangeant les étagères, je tombe sur l’Avalée des avalés, de Réjean Ducharme. C’est un livre sur lequel je tombe souvent en rangeant les D. Parce que c’est un livre qui malheureusement, ne sort quasiment pas. Quel dommage… je tiens (et je ne suis pas la seule) Réjean Ducharme pour un très très grand auteur et je trouve son roman, un roman d’enfance, époustouflant. Son héroïne Bérénice est une jeune adolescente précoce qui souffre de la séparation houleuse de ses parents. Elle se met à détester les adultes et le monde qui l’entoure. Pleine de fureur et de lucidité,  révoltée contre la « vacherie de vacherie« , c’est un personnage génial (« La vie ne se passe pas sur la terre, mais dans ma tête. La vie est dans ma tête et ma tête est dans la vie. Je suis englobante et englobée. Je suis l’avalée de l’avalé.« )

L’écriture de Ducharme est une poésie brute et vivante, pleine de formidables images : « On aimerait avoir aussi soif qu’il y a d’eau dans le fleuve. Mais on boit un verre d’eau et on n’a plus soif »,   ou encore: « Je suis seule. Je n’ai qu’à me fermer les yeux pour m’en apercevoir. Quand on veut savoir où on est, on se ferme les yeux. On est là où on est quand on a les yeux fermés: on est dans le noir et dans le vide. »

Bon. Vous savez comment finissent les livres sur lesquels s’entasse la poussière, ceux qui jaunissent discrètement sur nos étagères, bref, ceux qui n’ont pas rencontré un lecteur attentif ? Mmmmmmhhhhh ? Ils connaissent une fin HORRIBLE. Si vous ne l’empruntez pas, c’est un peu comme si vous tuiez un chaton. En pire.

L’avalée des avalés / Réjean Ducharme  R DUC

 

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Partagez...
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestPrint this page

Leave a Comment

3 × cinq =