La jeune fille suppliciée sur une étagère

La jeune fille suppliciée sur une étagèreAprès Naufrages et Le Convoi de l’eau, un nouvel opus du japonais Akira Yoshimura, dont j’ai trouvé que le titre à lui seul était une promesse de beauté.  Cette fois-ci ce sont deux courts récits, dont le premier est un chef-d’oeuvre saisissant (n’ayons pas peur des mots),  mêlant fantastique, horreur et poésie : la narratrice est une jeune morte de seize ans dont les parents ayant besoin d’argent (c’est le Japon de l’immédiat après-guerre) vendent le corps à une faculté de médecine. Elle assiste alors à sa propre dissection, à la mise en morceaux et à la disparition de son corps, qu’elle relate avec détachement et sérénité.

Le second est moins horrifique, mais tourne également autour d’une fascination pour la mort et se tient  à la lisière du fantastique. Eichi vit avec sa soeur, qui ne se remet pas de son divorce : rejetée parce qu’elle ne pouvait avoir d’enfants, elle confectionne du matin au soir de petits habits, sans jamais sortir de chez elle. Lorsque Sone resurgit du passé, entraînant Eichi dans le pillage de statuettes sacrées dans les cimetières, son aura mystérieuse et mélancolique va bouleverser cet équilibre morbide. Ces deux nouvelles sont fascinantes.  Sobrement écrites, à la fois limpides et mystérieuses, elles constituent une espèce de lecture-éclair, violente et à la persistance indéniable.  BF

La jeune fille suppliciée sur une étagère / Akira Yoshimura – R YOS

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Partagez...
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestPrint this page

Leave a Comment

13 + 1 =