Le chemin des morts

Couverture de Le chemin des morts de François SureauAncien juge, François Sureau revient, avec amertume et lucidité,  sur un souvenir judiciaire qui pèse lourd sur sa conscience et le hante depuis trente ans.

Rapporteur au Conseil d’Etat dans les années 80, il travaille pour le juge chargé de statuer sur les demandes d’asile politique déposées par les réfugiés. Scrupuleux, ne supportant pas l’indifférence au sort d’autrui, il se trouvé désarmé lorsque arrive sur son bureau le cas du militant basque antifranquiste Javier Ibarrategui, en France depuis 1969, car « lorsque la Convention de Genève évoque des persécutions, il faut, pour que la victime puisse obtenir le statut de réfugié, que l’Etat en soit directement responsable ». Le jeune juriste ne prête pas foi aux « rumeurs » d’assassinats récents perpétrés à Bayonne par le GAL (aucune preuve n’existe encore du lien entre les milices et l’état espagnol) ;  officiellement, l’Espagne était devenue démocratique et nous n’avions plus de raisons de garder sur notre sol les réfugiés espagnols ».

Bon, la fin est pressentie évidemment dès le début du livre, donc je finis. Appliquant la logique et la rigueur du droit,  la demande d’asile sera rejetée, et Ibarrategui  sera assassiné à Pampelune peu après son retour sur le sol espagnol. François Sureau quittera son poste,  bouleversé à vie.

Ne cherchant aucune excuse ni explication, François Sureau se libère d’un poids. Ce texte sec porte un coup à l’estomac. Le courage qu’il a fallu pour l’écrire n’ayant d’égal que la qualité et l’économie de la narration. Un texte aussi beau que saisissant. BF

Le chemin des morts / François Sureau  R SUR

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