La Déesse des petites victoires

Couverture de La déesse des petites victoires Du Vienne des années 30 au Princeton des années 80 le parcours d’une femme de l’ombre : celui d’Adèle Gödel ex-danseuse de bar et femme méconnue du non moins méconnu (pour la néophyte que je suis) mathématicien Kurt Gödel.

Cette femme sacrifiera toute sa vie à son mari, qu’elle suit dans son exil aux Etats-Unis et dont elle assure le confort et la sécurité. Figure incontournable des mathématiques, proche d’Einstein, qui disait « je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel« , on doit au mathématicien viennois les Théorèmes d’incomplétude (que je laisse à Wikipedia le soin de vous expliquer). Maniaque, paranoïaque, dépressif, son génie a plus d’une fois connu les abîmes de la folie. L’homme est totalement invivable, désagréable, égoïste, froid et intransigeant (avec en sus une mère omnipotente et castratrice, au secours). Et là, j’atteins mes limites : je suis dépassée par l’amour inconditionnel que lui vouait sa femme, dont l’abnégation va jusqu’à lui cacher sa grossesse. Que le génie absolu suscite admiration sans borne, voire passion, mon coeur de midinette est à même de le comprendre. Mais là je ne comprends plus : Adèle ne raconte que des souvenirs horriblement désagréables ou blessants avec son mari, et ce qu’elle aimait, ce qui l’attirait, lui faisait supporter le reste, la faisait vibrer quoi, n’est jamais évoqué. Je me suis donc lassée assez vite du personnage et de sa relation avec Gödel.

De plus (et surtout) je n’aime pas les livres qui utilisent un prétexte pour exister. Yannick Grannec avait sans doute très envie d’écrire une biographie de Kurt Gödel et un livre de vulgarisation scientifique, mais dit comme ça, ça fait pas rêver. Si ? Ah bon. Bref. Son livre, richement documenté, assez  historique, utilise le procédé de la fausse interview (la veuve de Gödel est interviewée par une étudiante à qui elle racGödel et Einsteinonte sa vie) pour avoir l’air sans doute moins historique, plus vivant. Je n’ai pas aimé le procédé, artificiel, je n’ai pas aimé les personnages, je me suis sentie à moitié idiote face aux théories mathématiques expliquées en tout petit dans des notes en fin de livre, et même si son roman (très bien écrit) regorge de citations très très intéressantes et fait preuve d’habilité et d’intelligence, je suis passée à côté, c’est clair. Pour moi, ça manque de moëlle, de tension et surtout, ça sonne faux. Pour ceux qui ont envie d’un beau moment de littérature qui réconcilie (si besoin) avec les mathématiques, lisez plutôt sans tarder La formule préférée du professeur.     BF

La déesse des petites victoires / Yannik Grannec  –  R GRA

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