« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley… »

Manderley« J’ai bien changé depuis le jour où j’entrai pour la première fois à Manderley, pleine d’ardents espoirs, et paralysée par une gaucherie désespérée en même temps qu’habitée par un immense désir de plaire. C’est mon manque d’assurance évidemment qui faisait si mauvaise impression sur les gens comme Mrs Danvers. De quoi avais-je l’air après Rebecca ? »

  J’ai adoré ce roman qui m’a happée dès le début. De la roseraie et la pelouse soigneusement entretenue descendant vers la mer, à la splendeur des immenses salles de Manderley, le célèbre domaine où la narratrice arrive après avoir épousé le charismatique et mystérieux Maxime de Winter, partout plane l’ombre de Rebecca, l’épouse morte noyée, qui semblait susciter l’admiration partout où elle passait. L’hostilité ouverte de la gouvernante, Mrs Danvers, qui vouait à Rebecca un amour pathologique, à l’égard de la nouvelle maîtresse de maison, en proie au doute et à la confusion, transforme la solitude dans laquelle s’emmure la timide jeune fille en  paranoïa et anxiété intense.Manderley1

Bien davantage que la narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom), les personnages principaux de ce somptueux roman sont la mythique demeure de Manderley, au faste célèbre, dont l’ambiance désuète et raffinée imprègne chaque page, et une morte, la redoutable Rebecca, dont la présence  incroyablement forte un an après sa disparition fait des ravages.

 Elégance, finesse de l’analyse psychologique, sens aigu du suspense, jusqu’au twist final surprenant (sauf pour ceux qui ont vu le chef d’oeuvre d’Hitchcock)… ce page-turner anxiogène, dans lequel se cache une belle histoire d’amour, constitue un merveilleux moment de lecture. Vraiment incontournable.  BF

Rebecca / Daphné Du Maurier  –  R DUM

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