Le monde à l’endroit

Couverture de Le monde à l'endroit de Ron Rash

Travis tomba sur les pieds de marijuana en pêchant dans Caney Creek. C’était un samedi, la première semaine d’août, et après avoir aidé son père à pincer le tabac toute la matinée il avait eu le restant de la journée pour lui.

Comme l’indiquent la couverture et l’incipit, les ingrédients de ce roman sont la pêche à la truite, la marijuana (entre autres substances) et la figure paternelle. C’est aussi l’Amérique, (profonde, comme on dit, celle de Russell Banks et de David Woodrell), de la Caroline du Nord. Travis, 17 ans,  va voir son itinéraire de jeune paumé borderline prendre un angle radical quand, pour leur avoir piqué quelques pieds de cannabis, il se heurte aux frères Toomey, des brutes décérébrées assez effrayantes, comme on se prend un mur. Chassé et humilié par son père, il trouve refuge dans le mobil home délabré d’un non moins délabré ancien prof, auprès duquel il découvre la lecture, le plaisir d’apprendre et surtout un épisode particulièrement violent de la Guerre de Sécession auquel leurs ancêtres ont pris part. Apprendre, s’ouvrir, questionner son histoire, lire, se libérer intellectuellement, puis de sa condition, « remettre le monde à l’endroit » : le versant positif, voire salvateur, d’un sombre et cruel parcours initiatique, mené à coups de trique et de coups de pieds dans le ventre, dans un monde dont la violence n’a d’égale que le beauté des rivières à truites. Très prenant. BF

Le monde à l’endroit / Ron Rash  – R RAS

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestDigg thisPrint this pageEmail this to someone

Leave a Comment

un × deux =