Un acte d’amour – James Meek

Couverture de Un acte d'amour de James Meek

Amour, goulag et transsibérien : un roman mêlant aventure, amour et une dose de suspense au temps de la révolution bolchevique.

Le temps se prêtait à ça : plonger dans un livre au souffle puissant, tourner  les unes après les autres avec délectation les pages d’une histoire dense. Fin fond de la Sibérie, 1919, le long de la ligne du transsibérien. Le petit village de Jazyk est occupé par une troupe de l’armée tchèque désorientée, qui attend, sous la férule du féroce et ambitieux Matula, le jeune commandant, une attaque des rouges révolutionnaires. Le village est dirigé par une secte de castrats mystiques, avec à sa tête l’énigmatique Balashov. Une jeune photographe, veuve, et son fils, vivent là, à part, depuis 5 ans, venus de très loin, pour on ne sait quelle raison. Un soir surgit Samarin, révolutionnaire échappé du goulag et poursuivi par un cannibale. Plusieurs drames vont alors se déclencher, les liens des uns avec les autres se préciser, dans un tempo assez serré et théâtral, les actions se cantonnant au village de Jazyk et ses alentours immédiats (même si des flash back éclairent certaines situations) et se déroulant sur 3 jours environ. A travers des personnages forts (Samarin le révolutionnaire, Balashov le mystique, Matula l’assoiffé de pouvoir, Mutz le lieutenant moral et Anna Petrovna, la passionnée), en éclairant les choix qui  nouent les destins de ces personnages, c’est l’amour et ses multiples formes qu’explore James Meek.

Dans un style assez classique, vif et élégant, non dénué d’humour ; mêlant aventure, mystère, situations romanesques, violence, contexte historique ; alliant profondeur et légèreté, Un acte d’amour est un roman ample, visuel, rythmé, mené avec un talent de conteur incontestable. Et du même, lisez sans hésiter Le Coeur par effraction  – BF

Une blague racontée à un moment par le révolutionnaire Samarin peut illustrer le ton global du roman :

Un assassin emmène une fillette dans les bois, la nuit. Il fait noir, les arbres gémissent dans la brise, personne d’autre dans les parages. La fillette dit à l’homme : « j’ai peur ». L’assassin lui répond : « tu as peur ? Mais c’est moi qui vais devoir rentrer tout seul à la maison »

Un acte d’amour / James Meek  –  R MEE

 

 

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