Neverhome – Laird Hunt

Couverture de Neverhome de Laird Hunt

Durant la guerre de Sécession (le conflit le plus meurtrier des Etats-Unis : entre 650 et 750 000 morts), Constance quitte sa ferme de l’Indiana, s’habille en homme, et part combattre à la place de son mari dans les rangs de la République. Parce qu’elle est plus forte et plus résistante que lui, parce qu’il faut y aller, parce qu’elle rêve d’aventure et de liberté, « boire à d’autres sources, éprouver d’autres chaleurs ». D’autres raisons, moins évidentes, plus subtiles, apparaîtront au fil du roman.

Roman historique très documenté (plus de 400 femmes ont ainsi combattu travesties, pour les Confédérés comme l’Union) roman sur la guerre (moins que les scènes de combat,  le chaos, la folie totale qu’elle engendre, les conséquences traumatiques qu’elle génère), Neverhome est avant tout à mes yeux le roman d’une femme, une femme hors du commun qui rêve de voir autre chose, qui veut de l’action et dépasser sa condition. Et qui rêve aussi plus tard de revenir auprès de l’homme qu’elle aime, et avec qui elle entretient une correspondance suivie durant leur séparation. Constance devient donc Ash Thompson, (« J’ai l’air d’un soldat parce que je sers dans l’armée, espèce de fils de pute »), dont l’habileté au tir, le courage et la courtoisie envers les femmes feront quasiment une légende dans son régiment, qui lui écrira une ballade : « Gallant Ash« .

Raconté à la 1ère personne par Constance, fait de courts chapitres/épisodes clos sur eux-mêmes, qui égrainent les petits ou grands moments qu’elle a traversés, ses rencontres heureuses ou dramatiques, Neverhome n’est pas le récit linéaire de la guerre et du retour (rien que le titre déjà…), mais le récit, puissant, d’un violent traumatisme et d’une errance, dans lequel prennent place des rêves, les apparitions de personnages disparus (la mère décédée de Constance/Ash est son interlocutrice privilégiée), des souvenirs précis (liés à son mari, à son enfance), le tout dans la présence splendide d’une nature d’une autre ère. L’écriture est très belle, originale, touchante : Constance n’est pas « lettrée » mais elle tient avec une application forcenée à noter / se remémorer ce qui s’est passé pendant cette guerre, et avoue travailler son écriture pour la rendre évocatrice ; ce qui est totalement réussi, à coups d’images étonnantes et de tournures de phrases brusques et précises. Un roman terrible et prenant. A ne pas rater.  –  BF

Neverhome / Laird Hunt  – R HUN

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