Et tu n’es pas revenu – Marceline Loridan-Ivens

La déportation à Auschwitz et l’impossible retour : un texte d’une force et d’une beauté incontournables, par une femme incroyable.

Mais je l’ai redite cette phrase et après la guerre, malgré la suite, la peur du gaz, les crématoires, les cicatrices indélébiles sur mon corps et dans ma tête, je l’ai redite plus clairement encore : Je t’aimais tellement que j’étais heureuse d’être déportée avec toi. Et je peux la redire encore. Car avec le temps, l’ombre des camps sur ma vie se confond avec ton absence. Et c’est d’avoir vécu sans toi qui me pèse.

Difficile de parler de ce livre bouleversant sans craindre de l’appauvrir et Couverture de Et tu n'es pas revenu de Marceline Loridan-Ivensde mal le présenter. Dans Et tu n’es pas revenu Marceline Loridan Ivens (actrice, scénariste, réalisatrice), s’adresse, depuis ses 86 ans, à son père Shloïme, avec qui elle fut déportée à Auschwitz (elle avait 16 ans), duquel elle fut immédiatement séparée (envoyée à Birkenau), et qui y disparut, tandis qu’elle fut libérée par les Russes en 45. D’une petite voix pleine d’une tristesse insondable, elle dit en peu de mots, mais avec une incroyable force, la souffrance de la séparation (« J’ai eu si peu de temps pour faire provision de toi »), l’inquiétude pour ce père adoré, la torture de ne pas savoir ce qu’il est devenu, la survie, inouïe, et surtout finalement le retour, impossible, à la vie, au contact des autres, à ce monde dans lequel nous vivons et dont il ne peut avoir idée. Un petit livre immense.  –  BF

S’ils savaient, tous autant qu’ils sont, la permanence du camp en nous. Nous l’avons tous dans la tête et ce jusqu’à la mort.

Et tu n’es pas revenu / Marceline Loridan-Ivens  – B LOR

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