Mal de pierres – Milena Agus

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Un livre étonnant, délicieux et intense, ode à la puissance de l’imagination, et qui semble fait pour illustrer cette phrase à laquelle j’ai pensé immédiatement en le refermant (elle est de Proust, hum, j’ai dû aller vérifier) : « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature ».

Quel bonheur d’être surpris par un livre, non ? Mal de pierres fut pour moi une bien belle surprise. Sa lecture est un enchantement.

Une petite fille y raconte sa grand mère : la Sardaigne, la famille, le mariage obligé avec un homme qu’elle n’aime pas et qui ne l’aime pas, le séjour en maison thermale et la rencontre avec le Rescapé, le retour, la vie qui s’ensuit. Tout de suite après un début à la narration simple, rapide, et assez classique, le lecteur est soudainement étonné par l’audace de ce livre. Ramassée sur 120 pages, la vérité révélée de cette grand-mère, une femme tellement particulière, pour qui l’amour était tout. Hors des sentiers battus, un portrait inoubliable de la passion et de la folie (si tant est que ce mot recouvre une réalité tangible…). « Dans chaque famille, il y a toujours quelqu’un qui paie son tribut pour que l’équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s’arrête pas ». Un récit habité, lumineux et intrigant, fait de surprises, de moments d’émotion pure, de sensualité crue, à la fois grave et léger, sobre et fiévreux, un livre rare, que l’on gardera longtemps en soi, comme un petit caillou lisse et rond dont on aime sentir le poids et la douceur au fond de sa poche.

« Grand-mère connut le Rescapé à l’automne 1950. C’était la première fois qu’elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son « mali de is perdas », le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l’avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village. »   BF

Mal de pierres / Milena Agus  – R AGU

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