Mudwoman

[à partir de dorénavant, les partages de lecture de BF deviennent des recommandations lapidaires, sur le modèle de « les quenelles Petitjean, c’est bon, mangez-en ». Avec plaisir.] Prodigieux portrait de femme +  immersion psychotique = super Mudwoman / Joyce Carol OATES  – R OAT Continuer à lire →

En finir avec Eddy Bellegueule

  Il y a encore quelqu’un qui n’a pas entendu parler de ce livre ? « De mon enfance je n’ai aucun souvenir heureux. » On se prend le début en pleine poire. La suite est à l’avenant. Portant sur son enfance et son adolescence un regard imprégné de sociologie (Bourdieu est sa référence et il a pour mentor Didier Eribon) celui qui se rebaptisera Edouard Louis pour tenter d’échapper à son (court) passé (parce que Eddy Bellegueule, sans blague, c’est son vrai nom), raconte la misère et l’a-culture d’un sous-prolétariat à peu près ignoré de la France entière (c’est d’ailleurs ainsi … Continuer à lire → Continuer à lire →

Vie animale

Sauvages, réactifs à l’extrême, ils sont trois garçons qui grandissent tant bien que mal, entre jeux et désarroi, dans un couple très jeune oscillant entre haine et amour. Usant d’une langue âpre et lyrique, l’auteur rend compte de ces années d’enfance survoltées et fusionnelles, pleines de  violence et d’amour, de cris et de silences, de jeux et de bagarres. Puissant et saisissant. Ca commence comme ça, et le reste est à l’avenant : On en voulait encore. On frappait sur la table avec le manche de nos fourchettes, on cognait nos cuillères vides contre nos bols vides ; on avait … Continuer à lire → Continuer à lire →

Room

            Je vais faire court  (ça vous fera des vacances) : je craignais le pire avec ce bouquin (récit d’une vie de séquestration par un enfant de 5 ans à qui c’est caché) et ben non. Room, c’est bien, lisez-le.   BF Room /Emma Donoghue – R DON PS : le premier qui vote pour cet article il va avoir de mes nouvelles. Continuer à lire →

Lambeaux

Je crois que jamais un livre ne m’avait touchée de manière aussi intime. Mi-autobiographie, mi-biographie, ce court texte est de ceux, rarissimes, dont on ne sort pas indemne, à ranger pas loin des livres d’Henri Calet. Récit du dépassement d’une dépression mélancolique grâce à l’écriture, il constitue également un hommage de l’auteur à « ses mères » : sa mère biologique,  internée quand Charles Juliet a quelques mois, morte en asile psychiatrique pendant la seconde guerre mondiale (histoire fondatrice de son parcours dont il ignorera tout pendant son enfance, cependant source d’un  obscur et insupportable sentiment d’étrangeté au monde), et sa mère … Continuer à lire → Continuer à lire →

Viva la muerte

Le père de Fernando Arrabal fut arrêté en 36 par les milices de Franco (l’auteur lui-même sera emprisonné en 1967). En une succession de courts chapitres à la prose lancinante et incantatoire, il raconte à sa mère ses souvenirs de cette enfance sur fond de guerre civile, aigus, morcelés : les genoux maternels si blancs, les mains de son père lui enterrant les jambes dans le sable (il a 3 ans), sa Tante Clara, mystique hystérique qui lui demande de la fouetter, les processions religieuses,  l’omniprésence de la religion, l’obsession des femmes de la maison pour sa virilité. Un récit … Continuer à lire → Continuer à lire →

La Vie devant soi

Je m’appelle Mohammed mais tout le monde m’appelle Momo pour faire plus petit. Pendant longtemps je n’ai pas su que j’étais arabe parce que personne ne m’insultait. On me l’a seulement appris à l’école. Momo, dix ans ou à peu près, est un « fils de pute » . Avec d’autres enfants « nés de travers » comme lui, il habite chez madame Rosa, parce que leurs mères « se défendent avec leur cul » , et que du coup il y a incompatibilité. Madame Rosa, juive rescapée d’Auschwitz, ancienne prostituée, est vieille, moche et grosse, et dans la vie elle n’a que Momo, et Momo … Continuer à lire → Continuer à lire →

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Voici un livre que l’on ferme à regret, triste à l’idée de ne plus revoir la famille Finch, que l’on aime immédiatement sans en savoir grand’chose en fait. Une famille atypique : le père Atticus, avocat dans une petite ville du sud des Etats-Unis (on est dans les années 30), élève seul ses deux enfants, Jem et Scout, la narratrice. D’une lecture limpide, extrêmement agréable, le roman n’en est pas moins complexe dans sa construction : Scout, des années après, se souvient d’événements survenus alors qu’elle avait entre 5 et 8 ans, gardant dans son récit l’étonnement, l’incompréhension, la colère … Continuer à lire → Continuer à lire →

Retour aux sources

Je me souviens exactement de comment j’ai découvert John Fante. J’avais vingt ans, j’étais passée chez mon copain Eric. Souffrant d’une gueule de bois carabinée, il est allé directement se mettre sous la douche. J’ai ouvert le livre posé sur sa table de nuit : c’était La Route de Los Angeles. Ca commence comme ça : « J’ai dû faire de nombreux boulots dans le port de Los Angeles parce que ma famille était pauvre et que mon père était mort. Peu après la fin du lycée, j’ai commencé comme terrassier. Le soir j’avais tellement mal au dos que je ne … Continuer à lire → Continuer à lire →