Un grand cru

Couronné par l’ultra prestigieux Prix Pulitzer, ‘La Route’ ne me disait pas grand’chose (un père et son fils errent dans un paysage post-apocalyptique dévasté, recouvert de cendres, tentant de survivre, croisant les restes d’une humanité tombée dans la barbarie). Je suis un être sensible, et j’ai peur quelquefois pour mes enfants, donc, non. Et puis un jour, je l’ai ouvert, (c’est quand même Mc Carthy), et puis je l’ai lu. Ca faisait très longtemps que je n’avais pas pris une claque pareille. Le livre est bouleversant, l’écriture, concise, extrêment dépouillée, d’une beauté fulgurante. Je ne résiste pas :

« Sur cette route, il n’y a pas d’homme du Verbe. Ils sont partis et m’ont laissés seul. Ils ont emporté le monde avec eux. Question: quelle différence y a t-il entre ne sera jamais et n’a jamais été ?

L’obscurité de la lune invisible. Les nuits à peine un peu moins noires à présent. Le jour, le soleil banni tourne autour de la terre comme une mère en deuil tenant une lampe. »

Du même auteur, ‘Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme’ (espèce de polar road-movie, très noir) et ‘De si jolis chevaux’. Dans la médiathèque, à la cote R McC
(BF)

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