L’addition, s’il vous plaît !

OK.

Voilà le genre de livre qu’on lit à toute vitesse et qu’on referme avec un léger sentiment de malaise (malaise qui s’avèrera durable)…

Le narrateur est invité avec sa femme dans un restaurant hype d’Amsterdam par son frère, homme politique en vue, pressenti aux prochaines élections comme Premier Ministre. Avec un sens de l’humour aussi brillant que caustique, il passe en revue le restaurant, le service, le menu, l’arrivisme de son frère, les réflexions bon teint, les valeurs de la haute bourgeoisie… Sous le cynisme drôle et grinçant on sent cependant sourdre peu à peu une violence difficilement contenue.

Le repas est provoqué pour parler des enfants des deux couples (deux jeunes adolescents) : l’ombre de l’innommable plane dès l’apéritif sur le dîner.

Et derrière l’innommable, il y a pire encore. Les apparences sont trompeuses mais c’est elles qu’il faut sauver. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, mais la construction du récit autour du repas est vraiment habile, les flash-backs et les digressions levant peu à peu le voile sur l’intrigue et la vérité des personnages.

Mi-thriller, mi-étude de moeurs, quelque part entre « Festen » et « Un air de famille », un huis-clos familial sous tension, infernal et glaçant.

Le Dîner / Herman Koch, R HER

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