La servante écarlate

« Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. »

Nous sommes dans un futur écologiquement dévasté,  plus ou moins proche. Les Etats-Unis, devenus une dictature théocratique et phallocratique, sont en guerre. Dans cette nouvelle société (La République de Gilead), la femme est cantonnée à quelques rôles très encadrés : Epouse, Tante, Martha, Econofemme. Voire éliminée. Le statut le plus précieux est celui de Servante Ecarlate, dévolu aux femmes fertiles, duquel relève Defred, qui raconte l’histoire. Elle est au service d’un Commandant, avec lequel tout contact lui est interdit, hormis la relation sexuelle rituelle qui doit lui permettre de procréer. Vêtue d’une tenue rouge qui la couvre entièrement, Defred ne peut ni lire, ni écrire, ni fumer, ni parler avec les autres. Tout sentiment est interdit, l’amour est totalement évacué des rapports humains, et peut être puni de mort.

Le récit du quotidien terrifiant et étouffant de Defred est le sujet de ce livre, entrecoupé de souvenirs de sa vie d’avant, quand elle avait un mari, une fille, un prénom.

Alors moi la science-fiction, les romans d’anticipation, c’est pas vraiment ma came, mais là, impossible d’arrêter. Comparé à 1984 (qui vole très haut dans mon panthéon personnel), dont il n’a pas l’ampleur et la force je trouve, La servante écarlate, dans ce monologue angoissant, désespérant, en extrapolant à partir d’un questionnement essentiel (et contemporain) sur l’identité et la condition féminine, m’a vraiment captivée.

Et du même coup m’a permis de découvrir Margaret Atwood, une femme écrivain talentueuse à la parole impeccable.  BF

La servante écarlate / Margaret Atwood, SF ATW

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