Rhaaaaa ! Tuez-les tous !

28% de sang,

22% de tripes et boyaux,

34% d’embruns

16% de soleil,

sur fond sonore fait de hurlements, de jurons, de blasphèmes, du fracas des coups de canons et de la mitraille, et j’en oublie. Des amateurs ?

Tortuga c’est un peu comme si CormacMcCarthy s’intéressait au frères de la Flibuste à la place des coboys, sauf que pas tellement. Parce que, sans vouloir en remettre une couche, c’est quand même beaucoup moins bien écrit. Mais vraiment beaucoup.

Alors l’idée de dynamiter (comme dit l’éditeur inspiré) l’image hollywoodienne du Johnny pirate des Caraïbes Depp est très très séduisante, mais vouloir montrer un monde brutal, cruel, sanguinaire, sadique, qui n’a rien de fraternel, tout en n’osant pas appeler un chat un chat, par égard sans doute pour les chastes yeux du lecteur, je trouve ça bizarre, voire suspect.  L »auteur use de périphrases pudiques (pour ne pas dire pudibondes), pour décrire des actes d’une barbarie achevée, et tenez-vous bien, il n’ose même pas citer les blasphèmes du plus effrayant des pirates, le Duc de Grammont, disant seulement qu’il « jure effroyablement ». Ca casse complètement l’ambiance si vous voulez mon avis. Qui est vraiment dégueulasse et sanguinolente la plupart du temps, je vous l’accorde, mais pourquoi cette retenue par moments ? Comme si l’auteur regardait ce spectacle et en était lui même outré et effrayé.

Alors l’histoire est pas mal, hein, on va d’abordage en pillage de comptoir, bon, en suivant un ancien jésuite enrôlé de force sur un navire pirate, et qui vit ce qui sera la dernière grande aventure de la piraterie sous Louis XIV, on en apprend un peu sur le fonctionnement de cette société (mais je trouve que c’est amené de manière assez maladroite et didactique), et le jésuite, il tombe amoureux au premier regard d’une esclave trop trop belle, ce qui le mènera aux pires extrémités, et à sa perte, parce que la femme est perfide. Voilà. Question récit, l’auteur mène bien sa barque (bon, elle était facile, mais j’avais envie de la faire, merci), il utilise abondamment, et très correctement, il faut le reconnaître, la construction sujet-verbe-complément, du coup c’est un peu plat. Je n’ai pas eu l’impression d’être prise par le suspense ou emportée par un vrai souffle romanesque (et là je pense à l’Ile au trésor,  franchement y a des moments faut vraiment se replonger dans les classiques). Pas de coups de théâtre, rien qui fasse sursauter, pour un récit de pirate, franchement, ça craint, et des personnages que j’ai trouvés esquissés à grands traits (peut être pour montrer le côté primitif du pirate ? Mouais)

Dommage, je trouve la couverture vraiment splendide. BF

Tortuga / Valerio Evangelisti, R EVA

PS : je suis peut-être de mauvaise humeur aujourd’hui, parce que ça se lit, quand même.

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1 commentaire

  • MB dit :

    Je te l’ai déjà dit et répété 100 000 fois : si tu veux une bonne histoire de piraterie, faut lire « One Piece » de Eiichiro Oda. Mieux que ça tu ne trouveras pas (demande à ta fille).

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