Les revenants

Dans Les revenants, Laura Kasischke renoue avec les personnages adolescents et l’ambiance de campus de La Couronne verte et A moi pour toujours, après la parenthèse apocalyptique de En un monde parfait.

Alors y a pas à dire, Laura Kasischke possède un vrai talent pour créer une ambiance et distiller le suspense. Ce roman est un véritable page-turner, et plonger dans son univers inquiétant, sombre et poétique, m’a procuré un bon gros plaisir de lecture (comme à chaque fois).

Le roman s’ouvre sur la description ultra-photogénique d’un accident de voiture, impliquant Craig, étudiant, et sa petite amie, Nicole Werner, qui y trouve la mort.  Nicole Werner, c’était LA jeune fille américaine, brillante, sérieuse,  séduisante . Vous pouvez remplacer « Nicole Werner » par « Laura Palmer », et vous y êtes. (Tout le monde a semble-t-il  fait l’analogie avec l’univers de David Lynch).

Arrivée quelques secondes après le drame, Shelly, qui travaille au département musique de l’Université, est décontenancée de constater que les journaux ne relatent pas exactement les choses comme elle-même les a vues. Perry, le coloc et meilleur ami de Craig, loue un appartement pour eux deux en dehors du campus à la rentrée suivante, et s’inscrit au séminaire de Mira Polson, qui porte sur les rites funéraires et les croyances folkloriques autour de la mort. Pendant ce temps-là, sur le campus enneigé, des étudiants prétendent avoir vu Laura Palmer. Heu, Nicole Werner, pardon, qui ne serait PAS MORTE.

Fantômes, vampires, rites initiatiques, envoûtements, légendes urbaines, fraternités estudiantines, la Kasischke vous passe tout ça à la moulinette avec maestria.   Construit quasiment comme une série télé (j’ai parlé de Twin Peaks ?), le roman s’articule en courts chapitres tournant autour de chacun des personnages, tous d’importance égale, et se terminant par un tel suspense que c’est vraiment difficile d’interrompre la lecture. Comme toujours chez Kasischke, l’horreur n’est pas là où on l’attend, et les lisses apparences dissimulent failles et manipulations.

Et c’est là où le bât blesse, comme dirait ma grand-mère : si l’ouvrage est construit de main de maître, et se laisse lire en un clin d’oeil, la facture est quand même visible,  le côté systématique du procédé du cliffhanger est au bout d’un moment légèrement irritant, et les personnages (la Nicole en tête) sont d’une vacuité assez sidérante (ce qui marche plutôt bien dans les autres romans de Kasischke).  J’ai presque regretté  de m’être faite avoir. Finalement, je trouve qu’il y manque la part de folie authentique, de surnaturel dérangeant (la femme à la bûche entre autres) et de cocasserie malsaine de la série pour être vraiment fort.  J’attends vos avis. BF

Les revenants / Laura Kasischke, R KAS

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4 commentaires

  • MB dit :

    Je souhaiterais réserver l’ouvrage, madame la bibliothécaire. Tu peux me le mettre de côté, stp ?

  • Je te le réserve tout de suite !!! (avant que tu changes d’avis)(et t’as intérêt à le lire y aura interrogation écrite)

  • MB dit :

    C’est long ! Mais c’est long ! Et en plus il ne se passe rien dans ce bouquin !! J’avoue que j’ai jeté l’éponge vers la page 200 : j’avais l’impression de perdre mon temps.
    Je ne pensais vraiment pas qu’on pouvait utiliser autant de mots pour raconter le vide.
    Pff, pour une fois que je faisais l’effort de lire de la littérature américaine, je me trouve bien mal récompensée.

  • BF dit :

    Hé oui, mais tu fais pas un effort avec les bons !!!

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