Edith Wharton, once again : Eté

Edith Wharton Après la rigueur de l’hiver d’Ethan Frome, plongez dans la chaleur accablante d’Eté. Se déroulant dans la splendeur et la langueur d’un été à la campagne en Nouvelle-Angleterre, ce court roman est un incroyable mélange, qui emmène le lecteur avec maîtrise vers une fin tragique, dans ce style précis, alternance d’une vision acérée et sans complaisance, et d’un lyrisme retenu, presque minimaliste, que je trouve d’une justesse frappante.

La jeune Charity, fille adoptive d’un avocat, homme un peu médiocre, va vivre l’été qui  donnera à sa vie une orientation irréversible. Vive, spontanée, rayonnante, pleine de désir, aimant la nature (dans laquelle elle se plonge littéralement dès qu’elle en a l’occasion), Charity va faire l’expérience de l’amour, de ses espérances, de ses angoisses, et surtout mesurer les limites de sa condition de jeune fille du début du siècle, dans un milieu patriarcal étriqué et hypocrite.

Comme dans Ethan Frome, tous les ingrédients sont réunis pour un roman à l’eau de rose. Et pourtant, on en est à des années-lumières. Clairement, ce roman est celui du désir sexuel et de l’élan vital (féminins),  dans une société asphyxiante, régie par une violence sourde et obscure faite aux femmes.  Charity ne pourra pas échapper à sa condition ; la condamnation de l’époque est sans appel.  BF

Eté / Edith Wharton – R WHA

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