La fille surexposée

Couverture de La Fille surexposée de Valentine GobyLa fille surexposée : elle est nue, de profil, sur une photo dont la luminosité donne à sa peau l’éclat du métal, elle (sa photo) est le point de départ et le point central du récit. Surexposée par le photographe et surtout surexposée aux yeux du monde (des hommes surtout) : c’est une fille du Bousbir, quartier de Casablanca réservé à la prostitution durant la période coloniale (réservé, enfin, surtout aux soldats et aux colons, hein) et dont la photo, comme celle de beaucoup de ses camarades, circulera sous forme de cartes postales jusqu’en Europe, alimentant une imagerie de l’érotisme exotique.

Le roman de Valentine Goby suit l’itinéraire de cette photo, prise dans les années 20, depuis ce qu’elle déclenche comme questionnements chez la petite-fille du soldat qui possédait la carte postale, quand elle la trouve par hasard en 2011,  jusqu’au peintre marocain né à  Casablanca non loin de ce quartier et qui  retravaille la photo à la peinture, en 2012, en passant par la vie de cette prostituée.

C’est habile, très construit, limite rhétorique, mais j’aime bien ce questionnement sur l’image et la photo, son origine, sa vérité. Et sur l’utilisation et l’image de la femme, et de son corps, bien sûr.  Difficile de ne pas  être sensible à l’art subtil de Valentine Goby.  BF

La fille surexposée / Valentine Goby – R GOB

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