Dans le noir

Du côté des adultes, c’est le noir de Seules les bêtes, un roman de Colin Niel, l’histoire d’une mystérieuse disparition aux ramifications surprenantes.  L’action se déroule sur quelques mois, dans une région du Causse du Massif Central. Une femme a disparu. Sa voiture abandonnée est retrouvée au pied d’un sentier de randonnée. Au marché du village les langues vont bon train et Alice, assistante sociale au service des agriculteurs, est la première des cinq narrateurs à prendre la parole : la disparue, femme d’un notable du Causse, les relations qu’elle entretenait avec elle, son travail dans cet univers rude, surtout en hiver. Quatre autres narrateurs vont ensuite se succéder, chacun étant lié à la disparue, et/ou à l’un des autres narrateurs, chacun habitant ce Causse austère à sa manière. Cinq narrateurs, cinq parties, toutes denses et fouillées, baignant chacune dans une atmosphère différente. Plaisir de lecture garanti avec ce roman choral assez inoubliable, à la fois chronique sociale, roman du terroir, histoire policière, roman psychologique, où l’on va de surprise en surprise, jusqu’à l’explication finale inattendue. 

Du côté des enfants, qu’y a t’il dans la nuit noire de Bruno Munari ? Beaucoup de choses… Artiste plasticien, auteur de livres pour enfants, Bruno Munari a créé de nombreux livres-objets, cherchant à travers le jeu à stimuler l’imagination et la créativité de ses jeunes lecteurs. Dans la nuit noire une lueur brille dans le ciel (un petit trou dans la page), tandis qu’une ombre de chat poursuit sa proie… On tourne la page, et le lecteur bascule alors dans un autre univers et on découvre cette lumière, il s’agissait de… Mais chut, ne gâchons pas la découverte. Il y en a plusieurs dans le livre, qui varie les découpes, les matières, les couleurs, pour une exploration minutieuse et subtile de la nuit au jour, et encore à la nuit.

Du côté de la musique, enregistrée de nuit, sous une jaquette d’album noire, la musique éthérée des texans de Cigarette After Sex, vous enveloppe dans un bain de langueur et de suavité … À écouter… dans le noir. Difficile de choisir un titre parmi toutes ces mélodies planantes, mais « Apocalypse », (joué de surcroît sur un clavier Virus) m’a semblé indiqué.

 

 

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